]The Rolling Stones est un groupe de rock britannique fondé à Londres par Brian Jones. Le nom du groupe vient d'une chanson de Muddy Waters, Rollin' stone. Le blues a toujours été la source d'inspiration principale des Stones, qui ont été l'un des principaux acteurs du retour de cette musique sur le devant de la scène, à travers le British Blues Boom.
Le groupe est formé en 1962 à Londres, quand le leader original Brian Jones et le pianiste Ian Stewart sont rejoints par le chanteur Mick Jagger et le guitariste Keith Richards[1]. Le bassiste Bill Wyman et le batteur Charlie Watts complètent la formation originale. Jagger et Richards constituent rapidement un duo d'auteurs-compositeurs et prennent peu à peu la direction du groupe en lieu et place d'un Brian Jones de plus en plus erratique. Ian Stewart, jugé peu apte à jouer les idoles des jeunes selon les préférences de l'époque, est renvoyé du groupe en 1963 mais continuera à travailler avec les Stones comme road manager et claviériste jusqu'à son décès en 1985.
Les premiers enregistrements des Rolling Stones sont des reprises de Blues et de Rhythm and blues américains. Après avoir rencontré le succès au Royaume-Uni, ils deviennent populaires aux Etats-Unis durant la « British Invasion » (initiée par les Beatles) du milieu des années 1960. Leur single de 1965, (I Can't Get No) Satisfaction fait connaître les Stones dans le monde entier.
A partir de 1966 et de l'album Aftermath, les chansons de Jagger et Richards, embellies par les expérimentations instrumentales de Brian Jones, développent une diversité stylistique qui restera présente jusqu'à nos jours. Jones meurt noyé dans sa piscine en juillet 1969, peu de temps après avoir été renvoyé du groupe. Il est remplacé par Mick Taylor. Lequel participe à l'enregistrement de cinq albums studios avant de quitter les Stones en 1974. L'ancien guitariste des Faces, Ronnie Wood, prend sa place et la conserve depuis lors. Bill Wyman quitte à son tour les Stones en 1993. Le bassiste Darryl Jones rejoint alors le groupe sans en devenir un membre officiel.
Les Rolling Stones ont publié 22 albums studio au Royaume-Uni (24 aux USA), 8 albums live (9 aux USA), un grand nombre de compilations et ont vendu plus de 200 millions d'albums dans le monde[2]. En 1971, Sticky Fingers débute une série de huit albums studios consécutifs qui atteignent la première places des hit-parades, des deux côtés de l'Atlantique. Leur dernier disque original, A Bigger Bang, est sorti en 2005. Les Stones ont été classés N°4 dans la liste des 100 plus grands artistes de tous les temps du magazine Rolling Stone.
Les Rolling Stones sont entrés au Rock and Roll Hall of Fame en 1989, Mick Jagger a été anobli par la reine d'Angleterre en 2003. Leur image véhiculée dans les années 1960 de « mauvais garçons » rebelles et hargneux est une référence majeure pour les générations de musiciens rock qui les ont suivi.
En octobre 1960, Mick Jagger et Keith Richards, deux amis d'enfance — ils ont fréquenté la même école depuis leur maternelle —, qui s'étaient un peu perdus de vue, se retrouvent sur le quai de la gare de Dartford. Mick a des disques avec lui, dont le Best of Muddy Waters, ce qui incite Keith à venir lui parler. Mick invitera Keith à le rejoindre dans son groupe tout juste naissant, Little Boy Blue & The Blues Boys. Keith viendra avec son ami Dick Taylor, qui créera en 1963 les Pretty Things. Brian Jones, grand amateur de blues, joue déjà avec le pianiste Ian Stewart. Tous deux fréquentent assidûment le Ealing Club, un club de jazz de la banlieue ouest de Londres, dans lequel Mick Jagger, en plus de son petit groupe, y chante aussi dans les Blues Incorporated d'Alexis Korner, qui ont pour batteur Charlie Watts. Brian Jones sera l'artisan de leur rencontre ; le blues et le r'n'b en seront les fondations.
Après un hiver difficile pour Mick, Keith et Brian, passé en colocation avec un certain James Phelge[5] au désormais célèbre 102, Edith Grove à Londres, avec comme ultimes ressources les maigres cachets de quelques petits concerts[6], les Stones sont enfin prêts à devenir pro. C'est à cette période que Philip Townsend fait les photos dont les clichés circuleront à travers les plus grandes galeries du monde comme les premières photos des Stones.
Le premier concert des Stones se passe au Marquee à Londres, le 12 juillet 1962. Le groupe est alors composé de Brian, Mick, Keith, Ian Stewart au piano, Dick Taylor à la basse et Mick Avory à la batterie. Taylor partira ensuite former les Pretty Things. Le poste de batteur est toujours aléatoire, oscillant entre Tony Chapman et Mick Avory. Les Stones cherchent un bassiste. En décembre 1962, Tony Chapman leur présente Bill Wyman, au Red Lion Club[7] qui leur plaît immédiatement, peut être grâce à ses amplis, denrée rare à l'époque, mais aussi grâce à ses capacités : il est plus âgé de 7 ans que Mick et Keith, et joue déjà depuis de nombreuses années dans son groupe les Cliftons, avec Tony Chapman, tout en étant amateur. Les batteurs des Stones étant trop instables, Charlie Watts, qui connaissait bien Mick pour avoir joué avec lui, se joindra à eux définitivement en janvier 1963, laissant sa place au sein des Blues Incorporated à Ginger Baker. En mars de la même année, ils enregistrent à l'IBC Studio de Portland Place, à Londres, une démo, avec comme ingénieur du son le futur mythique Glyn Johns, composée de reprises de r'n'b[8]. La première photographie du groupe en concert, prise par Dezo Hoffmann, date du 4 mai 1963 : Mick, Charlie, Brian, Bill et Keith (seuls visibles) participent à un gala de bienfaisance organisé par le journal News of the World à Battersea[9]. Les Stones joueront régulièrement au Ealing Club, puis au Crawdaddy, club que vient d'ouvrir Giorgio Gomelsky. De quelques dizaines de spectateurs, l'audience passe rapidement à plusieurs centaines, dépassant les capacités de la salle.
Andrew Loog Oldham, jeune publicitaire de 19 ans, qui a déjà travaillé avec Brian Epstein, Bob Dylan et Little Richard, associé au manager Eric Easton, ne rêve que de rencontrer et manager « ses » Beatles, qui viennent de sortir Love me do. Dans son parcours des clubs de Londres, il entre un jour au Crawdaddy[10], et voit les Stones. C'est la révélation, il sera leur manager : il signe avec eux un contrat de management dès le lendemain, le 29 avril 1963[11].
Avec leur nouveau manager, leur carrière décolle. En 1963, la maison de disque Decca Records et son Directeur artistique (A&R) Dick Row, célèbre pour avoir refusé les Beatles[12], leur fait enregistrer leur premier single[13], avec, sur la face A, une reprise de Chuck Berry, Come on[14] et, sur la face B, I want to be loved de Willie Dixon. Ce premier disque leur permet d'entrer discrètement dans les charts britanniques, et de se faire remarquer par la presse. Un deuxième single sort avec, en face A, un titre composé par John Lennon et Paul McCartney, I Wanna Be Your Man[15], et en face B un instrumental : Stoned[16].
Ils font leur première apparition TV dans l'émission Thank your lucky star de Pete Murray. Leur look, pourtant si conventionnel de nos jours, paraît outrancier. Leurs cheveux longs[17] font scandale ; ce look original et leur attitude parfois méprisante donneront des idées à Andrew Loog Oldham.
Afin de se démarquer des Beatles apparus un peu plus tôt et dont la popularité est exceptionnelle, le jeune manager des Stones leur crée une image de « mauvais garçons ». En opposition aux allures de « gentils gendres » des Fab Four, Jagger et sa bande cultivent leur différence, refusant très rapidement le costume-cravate[18], insistant sur leur chevelure, et défraient la chronique par leurs frasques[19].
C'est à cette époque que Brian Jones commence à manquer quelques concerts pour des raisons de santé, et à se perdre dans ses conquêtes féminines et leur conséquences[20] ; il a déjà deux enfants[21]...
Séparation des Stones ?
L'arrestation de Keith à Toronto en 1977, qui risque sept ans de prison, met le groupe en péril et jette le doute sur la pérennité de la présence du guitariste au sein des Stones. Il est sauvé in extremis de la prison par une fan aveugle, Blind Angel comme l'a surnommé Keith, qui convainc le juge de donner comme sentence un concert des Stones pour amasser des fonds pour la cause des aveugles. Keith Richards reconnaîtra plus tard qu'elle lui a probablement sauvé la vie. Le sommet des troubles est atteint en 1986 avec l'album Dirty Work, sur lequel Bill Wyman et Charlie Watts jouent volontiers les absents[27]. Le titre de l'album est un clin d'½il aux fans, qui connaissent les difficultés du groupe. Cette période sera celle ou les Stones sont officieusement séparés; Jagger et Richards sortent tour à tour des albums solos qui obtiennent plus ou moins de succès. Ronnie Wood et Charlie Watts s'y mettent également et sortent des albums solos qui n'ont pas vraiment de succès.
L'éternel retour
Lors de l'intronisation du groupe au Rock & Roll Hall of Fame à Cleveland USA, les deux Glimmer s'évitent mais, finiront quand même par se parler (probablement au party de fin de soirée) et décideront de se revoir au cas ou la chimie fonctionnerait de nouveau. Ils synchronisent finalement leur horaire et mettre en marche l'album Steel Wheels; une forme de renaissance viendra avec cet album, qui verra les Stones, à nouveau soudés, retrouver l'inspiration et l'envie de jouer ensemble. Si les tournées se font dans des grands stades et deviennent un vrai business industriel[28], Keith insistera pour pouvoir toujours jouer dans des petites salles, plus ou moins officiellement, usant parfois de pseudonyme pour le groupe, afin de rester près des ses fans. À titre d'exemple, l'album Stripped est enregistré en partie à l'Olympia de Paris et en partie au Paradiso Club d'Amsterdam ainsi que queques titres en studio au Japon dans le cadre de répétitions. Visiblement lassé de ne pas être crédité pour ses contributions, et peut être aussi des tournées incessantes dans les stades ou bien aussi par son avance en âge sur les autres[29], Bill Wyman quitte le groupe le 6 janvier 1993 pour prendre sa retraite[30]. Il forme les Rhythms Kings, groupe comprenant des requins de studios, tous de ses amis, comme Peter Frampton, Albert Lee ou Gary Brooker, et enregistre plusieurs albums aux consonances blues et jazz. Il est remplacé par Darryl Jones qui amène une basse encore plus pesante que Bill Wyman et qui sied très bien au son des Stones; Darryl Jones ne sera jamais considéré un vrai Stone et ne sera pas présent sur les photos publicitaires des Stones, bien qu'il soit très apprécié des membres du groupe.
Un nouvel album en 1994, Voodoo Lounge, encore plus « roots » que Steel Wheels, donne l'impression une fois de plus que les Stones sont de retour. Nouvelle tournée mondiale, et nouveau succès.
Les Stones sortent un nouvel album en 1997, (Bridges to Babylon), marqué par la volonté de s'inscrire dans l'air du temps (production des Dust Brothers, basse de Me'Shell Ndegéocello, cosignature à l'amiable du premier single avec K.D. Lang) tout en gardant le son traditionnel. Cet album, plutôt moyen somme toute [réf. nécessaire], donne l'occasion d'une nouvelle tournée mondiale, qui durera de septembre 1997 à septembre 1998, pour reprendre de janvier à juin 1999. Le clip du titre vedette Anybody seen my baby est excellent et met en cause la très belle Angelina Jolie dans une tenue très très sexy.
Pour fêter leurs quarante années de carrière, les Rolling Stones repartent en tournée mondiale en 2002-2003. Cette tournée appelée Licks Tour voit les Stones au meilleur de leur forme depuis leurs plus grandes années de gloire ! [réf. nécessaire] Ils n'ont pas d'album à promouvoir cette fois, sinon une compilation qui comporte quatre titres inédits, Forty Licks (dont Losing my touch chanté par Keith et le single Don't Stop). Pour cette tournée ils répètent plus de quatre-vingt chansons tirées de l'ensemble de leur répertoire (notamment des chansons jamais jouées sur scène comme Can't you hear me knockin). Ils en profiteront aussi pour écumer un grand nombre de petites salles, dont de nouveau l'Olympia de Paris. La tournée, remarquée pour sa vigueur, le plaisir qu'ils ont à jouer ensemble, le son et l'énergie, sera l'occasion du premier DVD des Rolling Stones, Four Flicks, qui donne trois concerts (à New York au Madison Square Garden, à Paris à l'Olympia et à Twickenham) et plus de quarante chansons.
L'album A Bigger Bang apparaît à certains, à nouveau, comme une résurrection. Il est en effet enregistré dans le château français de Mick Jagger, avec de nombreux blues et des titres très « roots », et la « patte » de Keith Richards. Mais peinant quelque peu à se renouveler avec cet album de plus, ils ne font pas illusion auprès d'une partie de la critique et des fans.
Leur dernière tournée mondiale « A Bigger Bang » a commencé le 21 aout 2005 à Boston (USA). Après les étapes américaines (Nord et Sud), asiatiques et en Océanie, un accident très médiatisé de Keith Richards (tombé tête la première d'un cocotier) a contraint le groupe à différer l'ouverture de la tournée européenne, bouleversant nombre de dates et en annulant quelques-unes. En France, deux concerts initialement prévus au Stade de France, furent fondus en une seule soirée le 28 juillet 2006, l'une de leurs meilleures prestations dans l'Hexagone selon de nombreux avis. Les Rolling Stones seront également à Nice le 8 août 2006, renouant pour un soir au Palais Nikaïa (stade Charles Ehrmann) avec leurs années « Riviera ». Se confirme aussi un retour de la tournée aux États-Unis, prévu dès septembre pour plusieurs mois.
Cette tournée « A Bigger Bang » est d'ores et déjà devenue la plus lucrative de l'histoire de la musique, avec depuis l'automne 2005 des recettes de 437 millions $US et une audience de 3,5 millions de personnes pour 110 spectacles. Le groupe a également attiré deux millions de personnes lors du concert gratuit de Rio de Janeiro, sur la plage de Copacabana, en février dernier.
Ainsi depuis la sortie de Voodoo Lounge en 1994, les Rolling Stones ont passé plus de sept ans sur scène, avec un évident plaisir qui, même s'il n'est pas dénué de man½uvres commerciales et de gains colossaux, démontre, s'il le fallait encore, que le groupe représente alors, avec les Who (reformés en 1989), le seul témoignage de l'âge d'or du rock'n'roll[31], et la preuve que leur musique est intemporelle.
Les Stones sont considérés, avec les Beatles, les Who, Led Zeppelin et quelques autres, comme des inventeurs de la musique populaire moderne. Dès leurs débuts, ils ont tenu à catégoriser leur musique comme du Rhythm and Blues (d'après Ray Charles, c'était le nom donné autrefois au Rock and roll avant qu'il ne devienne à la mode), et se réclamèrent à plusieurs reprises de la filiation des grands bluesmen. Légendaires, ils continuent à attirer les foules, et apparaissent lors de grands événements, comme lors du Super Bowl[32].
Le nom du groupe vient, en effet, d'un titre de Muddy Waters, Rollin' Stone, et non Like a Rolling Stone de Bob Dylan repris par les Stones eux-mêmes pendant les tournées Voodoo Lounge de 1995 et Licks Tour.
En décembre 2008, la ville natale de Keith Richards et Mick Jagger, Dartford, a décidé de nommer treize de ses rues avec le titre des chansons les plus célèbres du groupe. On peut ainsi se balader, notamment, sur la Stones Avenue, la Ruby Tuesday Drive ou la Satisfaction Street[